BODACC.io vs Societe.com 2026 : comparatif honnête
Publié le 15/10/2026 à 02:40·parNans M.

BODACC.io vs Societe.com 2026 : comparatif honnête

Societe.com et BODACC.io ne rendent pas le même service. Le premier est un annuaire d'entreprises en ligne depuis 1999, qui vend des documents numérisés, des scores et des fichiers de prospection ; le second lit le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales à mesure de sa parution et le republie gratuitement. Ce comparatif prend sept situations concrètes — vérifier un client, suivre une entreprise, détecter une difficulté, construire un produit, payer, reconnaître nos faiblesses — et, pour chacune, donne ce que chaque site affiche, à quelle fréquence, à quel prix et sous quelles conditions d'usage. Chaque affirmation factuelle porte un lien vers la page où elle a été vérifiée.

Vérifier un client avant de signer : qui répond vraiment à la question

Sur Societe.com, la réponse est déjà très complète pour un compte gratuit. L'offre « ESSENTIELLE » donne accès aux documents officiels « gratuits et illimités (actes PDF, statuts PDF) », à la cartographie des dirigeants et leurs entreprises, à 25 entreprises ou dirigeants surveillés et à 30 recherches assistées par IA, sans publicité, selon la page des offres. Sur une fiche réelle, celle de l'éditeur lui-même, on trouve le SIREN, le SIRET du siège, le numéro de TVA, la date de création, la forme juridique, l'adresse, les dirigeants en exercice et les anciens, les établissements ouverts et fermés, les observations des greffes, l'avis de situation SIRENE, l'extrait RNE et un extrait Kbis, avec une mention de sources et de mise à jour datée. Pour une décision de crédit, la densité compte moins que la fraîcheur, et sur ce point les documents publics de Societe.com disent trois choses différentes. Les conditions générales annoncent une mise à jour des immatriculations, modifications et radiations du RNCS « hebdomadaire, chaque lundi », une mise à jour mensuelle pour les données INSEE, et une actualisation hebdomadaire du lundi pour les chiffres clés des comptes annuels. La page API Pro répond, dans sa FAQ, que « les données sont actualisées 1 fois par jour à partir des bases officielles (INSEE, INPI, BODACC) », et la documentation de l'API v1 confirme : « mises à jour quotidiennement depuis les répertoires SIRENE, INPI et BODACC ». La page À propos parle enfin d'« information économique en temps réel », formule reprise en tête de la page API. Trois formulations qui ne disent pas la même chose au lecteur pressé, et c'est le lecteur pressé qui décide d'accorder ou non trente jours de paiement. Chez BODACC.io, nous répondons avec deux objets et une contrainte simple : la fiche de l'entreprise et l'annonce elle-même, publiées dès leur parution au Bulletin officiel, sans compte et sans clé, avec la date de parution en clair. Nos fiches et notre moteur d'annonces montrent ce que le Bulletin dit d'un SIREN et permettent de balayer une famille d'événements par ville ou par département. Nous ne numérisons pas les actes déposés au greffe et nous n'affichons pas le numéro de téléphone du dirigeant : ce n'est pas notre métier. Pour préparer une décision, notre guide sur la vérification d'un client détaille les cinq signaux à regarder dans le Bulletin officiel, et le glossaire rappelle la différence entre un signal et une preuve, par exemple avec la cessation des paiements.

Suivre une entreprise dans le temps : ce que chacun garde

C'est ici que Societe.com est le plus fort, et cela vient de son âge. Le site revendique une création en 1999, une date reprise à la fois dans les mentions légales (« Date de création du site : 1999 ») et dans les CGU, où il se présente comme « un service de rediffusion d'informations sur les entreprises » devenu « n° 1 de l'information légale et financière en ligne ». Son histoire est documentée dans son propre blog : créé en 1999 sous l'impulsion de Xavier Niel, racheté en 2006 par Adverline, passé dans le groupe La Poste en 2013, repris en 2022 par Guillaume Berthault et ses associés, selon un récit publié le 11 septembre 2024, avant une fusion annoncée en 2025 avec le groupe Reverse Vision, qui lui apporte des briques de conformité, de bilan carbone et d'analyse de dépenses. Cette ancienneté se mesure concrètement : sur la fiche de son éditeur, l'historique remonte à un procès-verbal d'assemblée générale de 1999 et à 28 documents officiels numérisés. Sur le suivi vivant, sa proposition s'articule autour de la surveillance : 25 entreprises ou dirigeants suivis dans l'offre gratuite, 500 dans l'offre PLUS, 2 000 dans l'offre PRO, selon la page des offres, et la page surveillance annonce « +1M alertes envoyées chaque semaine », cinq canaux de notification (mail, SMS, WhatsApp, API, CRM) et une information « dès 8h30 » en cas de défaillance ou de procédure collective — autrement dit un envoi groupé quotidien passé l'ouverture, plus qu'une alerte à la seconde. La même page promet « 3 semaines d'avance sur certaines procédures » et un score de solvabilité issu d'un partenariat avec CreditSafe, deux éléments que nous ne savons pas produire et sur lesquels nous revenons plus bas. Notre approche du suivi est plus étroite, mais elle ne compte pas les lignes : la chronologie des annonces d'un SIREN, remise à jour à chaque parution, et des alertes gratuites que l'on règle soi-même sur une entreprise ou un dirigeant depuis son espace personnel. Nous ne gardons pas d'archives numérisées de 1999 et nous n'envoyons pas de SMS. Ce que nous gardons, c'est le lien entre les annonces d'une même entreprise, pour qu'un jugement ne se lise pas comme un événement isolé : en rattachant une cession à un plan de cession homologué, ou un jugement à l'administrateur judiciaire qui en a la charge.

Détecter les difficultés : ce que le BODACC publie avant les autres

Deux philosophies se font face, et aucune n'est malhonnête. Societe.com cherche à être en avance : sa page surveillance promet « 3 semaines d'avance sur certaines procédures » et s'appuie sur un score de solvabilité fourni par CreditSafe, sur des études de solvabilité vendues à l'unité ou en illimité selon l'offre souscrite, et sur des rapports qui détaillent « dettes, sûretés, privilèges et inscriptions financières certifiés par les greffiers », comme on le voit sur une fiche d'entreprise réelle. C'est du renseignement économique : on calcule, on note, on anticipe. Nous ne faisons rien de tout cela, et nous ne ferons pas semblant du contraire : nous ne produisons ni note, ni probabilité, ni prévision. Notre position est différente : nous publions l'acte, à sa date, avec sa source. Le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales est le journal par lequel l'administration rend publiques les décisions qui touchent une entreprise — jugements d'ouverture, conversions, plans, clôtures, radiations, ventes, dépôts de comptes. Notre travail consiste à le rendre lisible et complet : chaque annonce arrive avec son type, sa date de parution, sa ville, son département et le SIREN concerné, et les compteurs sont publics. Au 15 octobre 2026, notre base compte 51 043 403 annonces, 30 032 566 entreprises, dont 16 951 077 actives, et 4 935 692 personnes, chiffres interrogables par n'importe qui, sans clé, à la même adresse. L'avantage de cette méthode est qu'elle ne se trompe pas : une date de cessation des paiements publiée au BODACC est un fait, pas une estimation, et elle est utilisable dans un dossier, une relance, une déclaration de créance. Sa limite est symétrique : nous ne verrons pas venir un défaut qui n'a encore donné lieu à aucune publication, et nous ne dirons jamais qu'une entreprise est solvable ou non. Une société qui dépose ses comptes en retard, change deux fois de dirigeant, transfère son siège puis cède une branche raconte quelque chose au lecteur attentif — mais c'est au lecteur de le lire, et notre rôle s'arrête là.

Construire un produit : quelle API, avec quelles limites

C'est la section où les deux offres se ressemblent le plus dans l'intention et le moins dans les conditions. Societe.com propose une API Pro documentée, avec une racine https://api.societe.com/api/v1, des réponses JSON par défaut et XML sur demande, et une authentification par jeton passé en paramètre ou dans un en-tête X-Authorization. Sa documentation v1 impose trois contraintes nettes : seules les requêtes GET sont acceptées, l'accès n'est possible que depuis des adresses IP déclarées au compte, et « les appels à l'API PRO sont limités par défaut à 60 requêtes / minutes », avec une option payante « Highrate » pour monter plus haut. La page commerciale affiche pour sa part « Jusqu'à 2 000 appels/min », ce qui correspond à cette option et non au réglage par défaut. L'API se consomme en crédits, facturés par endpoint : 0,1 crédit pour une recherche, 0,5 pour les informations légales ou un scoring, 2 pour les dirigeants, les bilans, les procédures collectives ou la cartographie, 5 pour le téléchargement d'un document officiel. Les routes existent depuis la version 1.0 du 10 novembre 2021, la version courante au 18 mars 2026 étant la 1.20, et la documentation annonce 12 millions de sociétés couvertes. Notre API part d'un principe opposé : elle est ouverte sans clé sur toutes les données publiques. La documentation BODACC précise ses bornes : 60 requêtes par minute et 10 000 requêtes par jour sans clé, 600 et 100 000 avec une clé, limit plafonné à 500, offset à 10 000, un code 429 accompagné d'un Retry-After, et un cache de bord qui absorbe les appels répétés, les données étant rafraîchies après chaque parution du Bulletin officiel. Aucun crédit, aucun endpoint facturé à l'unité, aucune adresse IP à déclarer. Sur les licences, les positions divergent franchement, et c'est un point à lire avant d'écrire une ligne de code : les CGU de Societe.com interdisent « la reproduction, la rediffusion ou l'extraction automatique par tout moyen d'informations figurant sur Societe.com », rappellent que les données sont protégées par la loi du 1er juillet 1998 sur les bases de données, limitent l'usage des données achetées à « son usage personnel » et renvoient la réutilisation vers l'API Pro ou l'achat de fichiers. Deux modèles différents, pas un bon et un mauvais : l'un protège une base qu'il a construite, l'autre ouvre un flux qu'il n'a pas produit.

Ce que ça coûte, vraiment, à l'usage

Prenons les grilles publiques, sans les interpréter. Chez Societe.com, l'offre ESSENTIELLE est gratuite (documents officiels illimités, 25 surveillances, 30 recherches IA), l'offre PLUS est à 19,90 € HT par mois sans engagement ou 16,90 € HT par mois avec un engagement de 12 mois, et l'offre PRO à 49,90 € HT ou 39,90 € HT par mois selon le même choix, avec « 2 mois offerts » sur l'annuel, des abonnements renouvelés automatiquement et résiliables jusqu'à quatre jours avant l'échéance, payables par carte bancaire, selon la page des offres. L'API se vend en packs de crédits : 5 000 crédits pour 99 €, 20 000 pour 290 €, 75 000 pour 890 €, 200 000 pour 1 990 €, 600 000 pour 3 990 € et 2 000 000 pour 8 890 €, toujours selon la page API, les crédits achetés n'expirant pas. Les fichiers d'entreprises se facturent à la ligne : « 0,19 HT par ligne pour les données de base », 0,09 pour les téléphones, 0,04 pour les données financières, dégressif à partir de 5 000 lignes, avec un minimum de commande de 25 € HT et un passage obligatoire par le service commercial au-delà de 1 500 € HT, d'après la FAQ des fichiers. Chez nous, la consultation est gratuite et sans compte, et nos tarifs tiennent sur une page : offre Pro à 9 € par mois (97 € par an), offre Entreprise à 29 € par mois (313 € par an), et un paiement unique de 499 € pour l'offre LIFE. L'API est ouverte sans clé dans les limites rappelées plus haut, sans facturation à l'endpoint. Comparer ces grilles demande de partir d'un usage, pas d'un prix affiché. Un développeur qui vérifie 1 000 SIREN par mois pour enrichir un CRM ne paie rien chez nous et consommait chez Societe.com l'équivalent de 500 à 2 000 crédits selon les routes appelées, soit, au tarif du pack de 5 000 crédits, quelques dizaines d'euros par an. Un service qui doit archiver les actes déposés au greffe, obtenir une note de solvabilité et reconstituer une liste d'actionnaires trouvera chez Societe.com ce que nous ne vendons pas du tout, à des montants qui se calculent à l'entreprise et au volume. Le prix bas n'est pas un argument en soi : il l'est seulement si l'offre couvre le besoin, et sur plusieurs besoins elle ne le couvre pas.

Ce que BODACC.io fait moins bien que Societe.com

Il faut commencer par le plus évident : l'ancienneté et la notoriété. Societe.com est en ligne depuis 1999, revendique « des millions d'utilisateurs mensuels » sur sa page À propos, et son annuaire départemental affiche des compteurs qui, additionnés, dépassent les vingt-sept millions d'entreprises (annuaire par département). Nous avons ouvert en 2026. Un site connu depuis vingt-cinq ans rassure, se transmet entre collègues et apparaît partout dans les habitudes : cela ne se copie pas, et nous ne faisons pas le poids sur ce terrain. Deuxième point, plus opérationnel : les documents officiels. Societe.com héberge et revend les actes numérisés du greffe, les statuts, les extraits Kbis, les comptes annuels, les rapports, les listes d'actionnaires et les bénéficiaires effectifs — sur la fiche de son propre éditeur, on compte 28 documents officiels téléchargeables, et l'accès au registre des bénéficiaires effectifs est encadré depuis le 31 juillet 2024, ce que la société explique dans un formulaire d'habilitation dédié. Nous n'hébergeons aucun acte en PDF : si votre travail consiste à récupérer une pièce juridique, nous ne sommes pas l'outil, et aucune astuce ne contournera ce manque. Troisième point : tout ce qui relève du calcul et du score. Score de solvabilité adossé à CreditSafe, études de solvabilité à l'unité ou illimitées, état des dettes et inscriptions, valorisation, score de souveraineté, rapport d'impact et bilan carbone, conformité dirigeant : cette couche analytique est une part entière de leur offre, décrite sur la page surveillance et dans les rapports proposés sur chaque fiche, alors que nous publions des faits datés et jamais une notation. Quatrième point : la prospection commerciale. Leurs fichiers revendiquent jusqu'à 13,5 millions de données d'entreprises actives, 5,8 millions de dirigeants et des numéros de téléphone avec plus de cent critères de ciblage sur la page export, et 4 millions de numéros annoncés côté fichiers ; nous ne vendons ni contacts, ni emails, ni téléphones, parce que notre base est faite d'annonces légales et non de listes d'appels. Cinquième point enfin, l'écosystème : connecteurs Zapier, Make et Odoo vers plus de 7 000 applications, intégrations CRM, annuaire des dirigeants, carte interactive, un glossaire de près de deux cents entrées, un blog rédactionnel signé par des auteurs identifiés, et un service de publication d'annonces légales dont l'attestation de parution est annoncée en dix minutes sur chaque fiche d'entreprise. Sur ce volet produit et éditorial, ils ont une longueur d'avance que nous n'avons pas.

Nos sources, vérifiables ligne par ligne

Cette page ne demande pas au lecteur de nous croire. Chaque affirmation sur Societe.com renvoie à une de ses pages publiques, et les liens sont volontairement directs plutôt que résumés : les CGU et CGV pour la date de création, les fréquences de mise à jour et l'interdiction d'extraction ; la page des offres pour les prix et le contenu de l'offre gratuite ; la page API Pro pour les packs de crédits, le coût par endpoint et la fréquence d'actualisation déclarée ; la documentation API v1 pour les limites techniques et la couverture annoncée ; l'historique des versions pour la date de naissance des routes ; la page surveillance et la page export pour les volumes et les canaux d'alerte ; la FAQ des fichiers pour la tarification à la ligne ; le blog pour l'histoire de la société ; et une fiche d'entreprise réelle pour voir de ses yeux ce qui est affiché et ce qui est vendu. Nos propres chiffres suivent la même règle : ils sont publics, interrogables sans clé, et ils bougent à chaque parution du Bulletin officiel. Le jour où ce comparatif a été écrit, soit le 15 octobre 2026, ils affichaient 51 043 403 annonces, 30 032 566 entreprises et 4 935 692 personnes — les compteurs cités plus haut, à la même adresse. Nos sources premières sont publiques et nommées : le BODACC publié par la Direction de l'information légale et administrative, le registre national des entreprises tenu par l'INPI, et les greffes des tribunaux de commerce, dont le Bulletin est précisément le canal de publicité. Quand nous nous trompons ou quand il nous manque une information, nous préférons qu'on nous le dise : le signalement se fait depuis le site et il est traité comme une correction, pas comme une réclamation. Un comparatif entre deux services n'a de valeur que si le lecteur peut refaire le chemin tout seul : c'est la seule chose que cette page essaie de rendre possible.

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